Deux bateaux de pêche sur l’eau calme, au petit matin
Photo : Cactus0625 / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0

La pêche vezo à Belo-sur-Mer, entre lagon et haute mer

Pirogues à balancier, lagon, récifs et campagnes de pêche : comment les Vezo de Belo-sur-Mer vivent de la mer, d'après la recherche et nos sources.

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À Belo-sur-Mer, la journée commence souvent sur la plage. Au lever du jour, les pirogues à balancier quittent le sable pour aller pêcher dans le lagon ou plus au large, dans le canal du Mozambique. Ici, la pêche n’est pas seulement un métier : c’est ce qui définit les Vezo.

Qui sont les Vezo ?

Selon l’UNESCO, le principal peuple de la région est celui des Sakalava, qui compte deux groupes : les Sakalava Vezo, une communauté de pêcheurs, et les Sakalava Masikoro, qui vivent surtout de l’agriculture. Les habitants de la région dépendent largement des ressources naturelles pour vivre.

Deux espaces de pêche : le lagon et la mer

Une étude de géographes publiée en 1998, consacrée aux Vezo de Belo-sur-Mer, décrit deux grands espaces de travail :

  • le vaste lagon de Belo, abrité ;
  • la mer ouverte, jusqu’aux petits îlots coralliens et au bord de la plateforme continentale. D’après les auteurs, les pêcheurs s’aventurent tant qu’ils voient encore les repères de la côte.

La même étude explique que ce savoir dépend des rythmes naturels : la marée, qui monte et descend deux fois par jour, et le passage des saisons. Les pêcheurs organisent leurs sorties en fonction de ces cycles.

Partir loin du village

Les Vezo sont parfois appelés les « nomades de la mer ». Selon L’Éco austral, lors de leurs campagnes de pêche, ils partent en groupe loin du village pendant plusieurs semaines, longent la côte et campent dans les dunes. La voile de la pirogue sert alors de toile de tente.

La pêche et les goélettes, une histoire liée

L’étude de 1998 fait un lien intéressant entre la pêche et la construction des bateaux. À l’époque, la pêche était devenue plus rentable grâce aux acheteurs de Morondava et à des collecteurs venus des Hautes Terres. Selon les auteurs, ces revenus ont permis la relance de la construction des goélettes à Belo. Ils notaient aussi que beaucoup d’hommes et de jeunes garçons étaient absents du village, partis comme capitaines ou marins sur ces voiliers.

Pour en savoir plus sur ces bateaux, lisez notre article Les goélettes de Belo-sur-Mer, un héritage breton devenu vezo.

Une mer riche, mais fragile

Belo-sur-Mer fait partie de la réserve de biosphère Belo-sur-Mer – Kirindy-Mite, désignée par l’UNESCO en 2016. Selon l’UNESCO, le récif est une zone d’alimentation pour de grands animaux marins : baleines à bosse, dauphins, dugongs et tortues marines. L’UNESCO cite la pêche pélagique (en haute mer), l’aquaculture et la production de sel parmi les activités à développer dans la réserve.

Voyager avec respect

  • Demandez avant de photographier les pêcheurs et leurs familles.
  • Le retour des pirogues est un moment de travail : restez à distance et ne gênez pas le déchargement.
  • Ne consommez pas de tortue marine et n’achetez aucun objet en écaille : ce sont des espèces protégées.
  • Si vous voulez accompagner une sortie en mer, passez par votre hébergement, qui saura trouver un pêcheur d’accord pour vous emmener.

Vous êtes pêcheur à Belo-sur-Mer, ou vous connaissez bien la pêche vezo ? Votre témoignage nous aiderait à compléter cet article.